leçon n°2 : L’attaque Homonculus

On a trop tendance à croire que le scientifique est un être gentil, un peu timide, naïf avec ses congénères, et empreint des plus grandes valeurs intellectuelles, morales, spirituelles, éthiques mais malheureusement ce n’est pas toujours le cas.

il n’y a qu’à voir le résultat des décennies de travail de l’orthodontiste sur tatie rosette, qui est pourtant un éminent spécialiste, un brillant, voir le plus grand scientifique, enfin dit-on à Maubeuge.

Même que quand elle sourit c’est comme si une bouche pleine de hachoirs à pieds de cochons était capable de cracher de la pluie acide, alors si la transformation de cette bouche en boucherie  ce n’est pas le résultat d’un esprit malsain, de la méchanceté à l’état pure, je perds toute confiance dans la sincérité des sentiments humains.

Tout ça parce que tatie rosette a dit une fois que même s’il lui disait que ça servait à rien, oui elle mettrait quand même un collier d’ambre autour du cou de louis quand il ferait ses dents.

Enfin bref je m’égare, tout ça pour vous dire que des loups peuvent aussi se cacher dans la bergère.

Pour survivre parmi ces velus prédateurs, il faut savoir :

Premièrement : reconnaître le canidé

Secondement : parer l’attaque

Prêts pour l’entrainement ?

Contexte 1 :

Aujourd’hui encore, vous la stagiaire, seule responsable de la communication  interne et internationale du ministère de la recherche en France depuis 4 ans, vous devez interviewer Marie Thérèse, 95 ans, responsable  du service recherche en Neurologie au CNRS.

En effet, elle seule détient le secret, qui vous permettra un jour peut être, comme elle, de réduire à l’esclavage 5 stagiaires de master 2, 6 doctorants, 4 post doctorants, de signer leurs papiers, voler leurs travaux, s’arrogeant  tous les séminaires intéressants (à comprendre tous ceux qui se déroule  à proximité d’une mer à plus de 25°C) tout ça pour un salaire de 6500 euros nets (détournement du budget de fonctionnement du labo et  profit résultant du recel de fournitures de bureaux compris).

Seulement voilà Ronald, ce Gollum, caché dans la peau d’un post-doctorant sans âme ni cheveux, vous barre le couloir en bavant, lorgnant dans votre décolleté, et vous montrant ces dents acérées, sur lesquelles sont tatouées des personnages de star trek.

Brave, vous interprétez l’ensemble comme une tentative de sourire et de communiquer, vous lancez alors, innocemment un :

« tiens salut ronald, t’as l’air en forme aujoud’hui »

Ronald roule des yeux, se roule par terre, bave encore peu, respire fortement des narines, qu’il a très hautes, ce qui provoque la formation de buées sur ces lunettes, le désorientant quelques instants. Puis il répond de cette voix stridente :

« Pour ma part, je trouve que t’as vraiment l’air d’un homonculus aujourd’hui »

Insulte ou compliment ? Pour vous aider, un autre contexte:

contexte 2 :

Au saut du lit, le sosie de louis Garrel, mathématicien de vos rêves, vous lance un charmant

« humm, t’as vraiment une tête d’homonculus ce matin »

Là , plus de doute, VOUS L’AVEZ COMPRIS CECI EST UNE INSULTE.

Un homonculus figure un humain dont les différentes parties du corps ont une taille proportionnelle à la surface neuronale dédiée à ces différentes parties du corps.

Par exemple, plus il y a des neurones dédiés au contrôle des doigts, occupant ainsi une surface importante dans le cerveau, plus l’homonculus aura des gros doigts.

Besoin d’un dessin ?

homonculus sensitif (à gauche) et moteur (à droite)

Ici on voit bien, qu’il y a  beaucoup plus de neurones destinés à percevoir les sensations au niveau des doigts qu’au niveau des pieds, du coup l’homonculus sensitif a de gros doigts et de petits pieds. Vous apprécierez l‘importance relative des sens au niveau de la langue et du pénis. De même, si une petite surface corticale est destinée à mouvoir ces oreilles alors sur l’homonculus moteur, les oreilles seront petites.

Alors quand Ronald ou Le sosie de Louis Garrel vous disent que vous avez une gueule d’Homonculus, c’est que vous êtes quand même bizarrement proportionnée.

homosex089

Comment répondre :

  1. Cette bonne vieille drogue paralysante fait toujours son petit effet..cf leçon n°1 L’approche nyctalope
  2. « ce sont des plaques amyloïdes qui s’accumulent, là, sur la coupe de ton cortex cérébral ? » (comprendre : vous êtes en train de lui dire qu’il a probablement la maladie de la vache folle ce connard)
  3. «  il t’arrive quoi ?  tu t’es fait traiter ton épilepsie façon 1950 pour être aussi agréable ? » (à l’époque les épileptiques étaient traitées par trépanation, c’est à dire l’ouverture de la boîte crânienne, puis par des électrochocs)

NON MAIS DANS TA FACE GOLLUM.

Vous êtes un peu plus aguerri(e)s maintenant, prêts pour la leçon n°3.

Bisous

billie

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Une réponse à “leçon n°2 : L’attaque Homonculus

  1. Pingback: Comprendre respecter, aimer et niquer un(e) scientifique | scienceabilly·

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