j’y suis allée: la soirée savants fous

Jeudi soir, comme promis, je me suis rendue à la soirée savants fous à l’occasion du festival livres en têtes. De toute façon c’était soit ça, c’est à dire le respect de mes engagements, soit la perspective de rentrer chez moi, ma libido bien au chaud dans un jogging violet vert et jaune des années 90, patientant jusqu’à la fin de l’hiver que j’ai regardé tous les épisodes de Fargo et mangé toute ma réserve de soupe en brick au potiron. Apres moult tergiversations, je chevauchais sauvagement mon scooter en direction du très chic 6eme arrondissement, à l’auditorium Saint Germain. Heureuse d’avoir enlevé mon jogging et contente de ne pas être sortie cul nul, je pénétrais l’auditorium Saint Germain, trainant avec moi un peu de retard.

Dans l’obscurité, après avoir été guidée jusqu’à ma place par une des membres de la très sympathique équipe du livre en tête, je remarquais 2 choses:

  • la moyenne d’âge: 57 ans minimum. Ok c’est une soirée d’intellectuels âgés, moi je trouve ça bien que les gens âgés aient encore plus de motivation que moi, au crépuscule de leurs vies pour sortir un jeudi soir. Mais moi j’ai 32 ans et je suis déjà parmi eux, et j’aime ça. Mon dieu. Ca pourrait être pire, je pourrais être une prof de français à la retraite qui s’habillerait en Desigual.

Mais je ne suis pas seule. Il y a aussi des jeunes (enfin des jeunes comme moi, donc assez jeunes pour avoir quelques cheveux blancs et des varices au coin des yeux)

  • je remarquais alors, parmi le reste de l’assemblée, la haute densité de cheveux frisés. Etant moi même pourvue d’attributs capillaires généreux et volumineux, je me sentie donc immédiatement parmi les miens, ces gens intelligents qui ont souvent raison, et qui empêchent toute personne qui aurait eu le malheur d’être placée derrière eux de voir la scène. Renonçant donc à voir les acteurs, j’orientais mon oreille droite, la plus décollée de toutes mes oreilles, vers le micro où se lisait le premier texte.

Les textes se sont enchainés, tous remarquablement interprétés. Leur succession était particulièrement troublante puisqu’elle alternait entre des fictions sur le thème des savants fous et d’autres, écrits par de vrais savants, qui se révèlent après le passage du temps, de véritables dingos. C’est le cas du premier texte lu, « les réformes sont elles impossibles ? » où Serge Galam, explique à grand renfort de calcul puissance 4 que toute réforme est vouée à l’échec à cause de discussions entre collègue de bureau. Plus effrayant encore, le texte du docteur Edgar Berillon, daté de 1915 et qui décrit avec haine et dégout une soi-disante pathologie allemande « la polychésie » (en langage commun et vulgaire cela signifie une production importante d’excréments particulièrement nauséabonds). Ces textes sont entrecoupés d’œuvres décrivant de nombreux scientifiques fous mais fictionnels. En ce qui concerne les auteurs, on va de Georges Perec, à Aldous Huxley en passant par Guy de Maupassant, mon préféré. C’est bon, il fait chaud, et c’est très bien parlé. Le micro passe soudainement aux invités d’honneur, et c’est là que la soirée bascule.

Le timide écrivain Jean Luc Coudray tente tant bien que mal d’interviewer dans le temps imparti le bavard André Brahic. Au début j’ai cru que l’interview était scénarisée et qu’André Brahic jouait le rôle du savant fou, pourtant il n’en était rien. Il tenait son micro à deux mains imitant Golum devant l’anneau, légèrement vouté, se balançant avec bonne humeur et entrain d’un pied sur l’autre sans cesser de parler. Tandis que Jean Luc Coudray lui posait une question, André Brahic en répondait à 20 et posaient les questions suivantes devant le regard effrayé du maître de cérémonie qui tentait de le stopper.

Les Short éditions, spécialistes du format court qui se lance dans une interview d’André Brahic c’est un peu comme Green Peace qui se retrouve embarqué en séminaire pour apprendre à chasser la baleine. IL EST IMPOSSIBLE D’ARRETER ANDRE BRAHIC. Mais ils y sont parvenus en lui promettant un second passage sur scène, mais plus tard.

La soirée se termine, par la lecture du texte retenu par le jury, BIG GANG et la remise de cadeaux à l’auteur du texte. J’aime bien, même si ce n’est pas le mien. Je ne me suis pas endormie, je ne me suis pas ennuyée, j’ai passé un moment très agréable bien que non accompagnée d’une soupe aux potirons.

Je voulais dire bravo à toute l’équipe de short éditions et du festival livres en têtes pour ce moment. Merci aussi à Jean luc Coudray, et à André Brahic, qui bien qu’il devrait certainement revoir le dosage de ses médicaments, raconte toujours des choses passionnantes.

A L’année prochaine,

Bisous

Billie

http://short-edition.com/oeuvre/tres-tres-court/big-gang

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