Livres et BD

L’imposture scientifique en dix leçons

Michel de Pracontal

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comme toutes les bloggeuses, je vais commencer par parler de MOI alors que je voudrais bien vous parler du livre de Michel de Pracontal, l’imposture scientifique en 10 leçons. Mais pardon, MOI j’ai la mauvaise habitude de ME référer tout le temps à Wikipédia (donnez leur des sous si vous pouvez, c’est déductible des impôts, c’est toujours ça qui n’ira pas renflouer les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy ou payer les indemnités de Thévenoud).

Alors Wikipédia dit ceci de l’imposture: « Une imposture consiste en l’action délibérée de se faire passer pour ce qu’on n’est pas (..)Ce mot provient du latin imponere : « abuser quelqu’un ». Son utilisation en tant que mode de manipulation peut être anodine et limitée, mais obéit aussi dans certains cas à des desseins d’escroquerie ou de propagande ».

L’imposture scientifique, c’est vrai, peut être anodine. Après tout, si Bernadette et Roger sont assez stupides pour croire que passer sa nuit dans un caisson d’isolation, plein d’eau, entourés de néons bleus, avec des hauts parleurs crachotant des cris de dauphins puceaux neurasthéniques, leur permettra d’accéder à leurs existences antérieures, leur révélera le sens de la vie et ralentira l’effroyable progression de la calvitie de Roger, ma foi, on peut se dire que les imposteurs exercent une sorte de sélection naturelle, et très honnêtement si on perdu la clé du caisson où sont en train de se noyer Bernadette et Roger, cela ne serait pas très grave.

L’imposture scientifique, comme nous l’explique l’auteur en introduction, a par ailleurs, d’autres vertus. Il est évident qu’une bonne imposture, qui permet de ne pas guérir le cancer, coutera toujours moins cher que de véritables recherches scientifiques. L’imposture résout les crises énergétiques mondiales. L’imposture guérit le diabète par la tisane ondulatoire, le SIDA par transfert d’énergies vitales et cosmiques.

Michel de Pracontal sait donc qu’il est un peu roublard de nous dévoiler dans ce livre toutes les ficelles de l’imposture scientifique. Au pire, il contribuera à déstabiliser ces formidables imposteurs qui nous débarrassent régulièrement de Bernadette et Roger. Au mieux, il prend le risque de faire l’éducation et de former une nouvelle génération d’imposteurs pour qui ce livre sera considéré comme l’ouvrage de référence , le guide ultime de l’imposture. La bible du dompteur des champs morphogénétiques à basse puissance cosmogonique qui soignent tous problèmes érectiles.

En dix leçons, à la fois réjouissantes et particulièrement fournies, Michel de Pracontal dépouille avec beaucoup beaucoup d’humour tous les célèbres imposteurs de leurs petits secrets. Nous apprendrons au cours du roman les bons ingrédients pour abuser  au nom de ce qui serait la science. Michel de Pracontal nous rappelle, que l’imposture scientifique n’est pas seulement réservée aux seuls « gourous de service » mais que des scientifiques, parfois très célèbres s’arrangent un peu avec la méthode scientifique (Mendel avait apparemment sa façon bien à lui de compter ses petits pois..). Bref de Rika Zaraï, à d’illustres noms de la science en passant par Raêl, Michel de Pracontal nous apprend tous les secrets de la Terre qui enfle, de la fusion froide, du gène de l’homosexualité, du langage des dauphins sous lsd. Deux enquêtes sont particulièrement détaillées, celle qui démontre l’imposture de la mémoire de l’eau dont découle tout le business de l’homéopathie, et celle de l’affaire du sang contaminé. L’auteur, et cela se sent, a mis dans ce livre, les résultats de rencontres de recherche et d’enquêtes au cours de ses  trente années de carrière comme journaliste scientifique. Surtout, en gardant ce ton taquin, il s’interroge sur les véritables raisons de notre engouement pour les impostures scientifiques. Chaque chapitre se terminant par des exercices pratiques d’apprentissage de l’imposture scientifique. Un livre que j’ai particulièrement aimé car il est toujours bon d’avoir raison.

Plus modestement, si vous enragez contre le succès des imposteurs scientifiques, ce livre est pour vous, si vous n’avez pas les clés pour différencier la science de l’imposture scientifique, ce livre est pour vous, si vous voulez savoir pourquoi l’auteur fait , dans chacun des chapitres, référence aux hémorroïdes, ce livre est pour vous.

J’ai tellement aimé le bouquin, que j’ai écrit aux éditions du seuil pour avoir 2 exemplaires de l’imposture scientifique à faire gagner à mes lecteurs (oui j’ai des lecteurs, au moins deux, une ex-prostituée slovène que je rémunère grassement pour aller une fois par semaine sur mon site faire du trafic, pour mon succès et sa retraite, et mon teckel aveugle et incontinent néanmoins aux gouts littéraires très surs). Le Seuil a bien voulu me filer ces 2 exemplaires et j’ai même pas eu besoin de montrer mes seins (non, ce n’était pas une menace). Je précise, que c’est seulement après avoir acheté , lu et adoré ce livre que j’ai contacté les éditions du Seuil pour procéder à ce concours. Ce n’est donc pas de la pub, je ne suis pas corrompue jusqu’au trognon, ni enrichie par cette critique élogieuse jusqu’aux amydgales. J’ai juste aimé ce livre et j’ai voulu faire partager ça même avec les pauvres qui peuvent pas s’acheter des livres. Ne me remerciez pas 😉

Rendez vous sur la page facebook de scienceabilly pour les modalités du concours.

 

si vous voulez en savoir plus sur ce livre, vous pouvez aussi aller voir du côté du blog lisez la science, il vous fait une super fiche de lecture, et vous en lit un gros passage:

http://lisezlascience.wordpress.com/2014/08/20/lisezlascience-7-limposture-scientifique-en-dix-lecons-de-michel-de-pracontal/

 

 

 

 

 

Semmelweiss, thèse de médecine de Louis Ferdinand Destouchessemmelweis-louis-ferdinand-celine

« Elle nous démontre le danger de vouloir trop de bien aux hommes. C’est une vieille leçon toujours jeune. »

Le danger de vouloir trop de bien aux hommes …Drôle de préface pour une thèse de médecine. Pourtant c’est cette phrase pleine de contradictions qu’écrira le docteur Louis Ferdinand Destouches avant de nous livrer en exemple la vie et l’œuvre de Philippe Ignace Semmelweis.

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Philippe Ignace Semmelweis, brillant médecin obstétricien hongrois, est professeur assistant dans une clinique tenue par un de ses supérieurs, le professeur Klin. Il découvre alors les ravages de la fièvre puerpérale. Cette infection généralisée dont meurent les femmes après un accouchement dans l’indifférence nonchalante du corps médical. Presque une femme sur cinq mourait de telle façon après son accouchement. Une telle hécatombe, ne laisse pas le jeune homme indifférent. Il décide alors d’étudier ce problème, se rebellant alors contre l’opinion consensus qui considérait comme une fatalité inévitable une telle tragédie.

Il commence par établir un constat simple, en comparant le taux de mortalités de deux cliniques obstétriques voisines, l’une tenues par Klin, qui utilise des étudiants pour s’occuper des accouchements et l’autre tenue par  Bartch, qui préfère utiliser des sages femmes pour cette tache.

« on meurt davantage chez Klin avec les étudiants que chez Barth avec les sages femmes. »

D’ailleurs ce fait est bien connu des femmes enceintes qui se passent le mot, certaines préfèrent même accoucher en plein rue plutôt que chez Klin, d’autres moins chanceuses hurleront à la mort, supplieront de les emmener chez Barth plutôt que chez Klin contre leur gré.

Dès lors il dira à Klin : « la cause (de la fièvre puerpérale) que je cherche est dans votre clinique et nulle part ailleurs ». Klin prend cela comme une attaque personnelle contre sa réputation. Il faut dire que Semmeleweis, tout en étant un brillant médecin, est aussi  polémique, insolent, impétueux et un handicapé des relations sociales.  Il ne voit pas l’utilité de ménager un professeur arrogant, médiocre, qu’il trouve méprisable et dont la vanité s’avérera au regard de l’histoire, meurtrière.

Il émit alors plusieurs hypothèses pour expliquer ce phénomène, toutes furent réfutées par ses expériences.

Plus tard mettra en évidence la troublante correspondance entre les symptômes de la fièvre puerpérale et celles de  l’infection dont mourrait plusieurs de ses collègues  à la suite de coupure lors de la dissection d’un cadavre.

Il a alors l’intuition que ces deux maladies ont le même agent causal, sans pour autant pouvoir le nommer.

Il pense, à juste titre, que les étudiants en médecine en sortant de la salle d’autopsie où ils pratiquent  la dissection à mains nues sur des cadavres en décomposition, puis vont tranquillement examiner  l’utérus de leurs patientes sans même se laver les mains, transmettent l’infection des cadavres aux femmes en couches.

Il essaye alors d’imposer aux étudiants de se laver les mains avant de procéder aux examens obstétriques. Il invente ainsi les premières mesures d’asepsie et tente de lutter contre les infections bactériennes, même s’il faudra attendre pasteur pour mettre en évidence ces agents microbiens responsables des infections.

Mais la campagne de dénigrement du professeur Semmelweis menée par le professeur Klin est déjà à l’œuvre. Klin trouve mille raisons à la mortalité dans sa clinique, il ira même jusqu’à dire que « ce sont les étrangers qui propagent la fièvre puerpérale ». Bref toute explication est bonne tant qu’elle ne sort pas de la bouche de Semmelweis. Semmelweis quant à lui, impétueux, sur d’être dans le vrai, ne peut tempérer ses ardeurs dans cette lutte contre l’ignorance, surtout que chaque jour, celle ci fait de nouvelles victimes. Mais plus Semmeleweis s’emporte, plus il passe pour fou et il est bientôt indésirable dans toutes les cliniques. Banni, déshonoré, pauvre, Semmelweis sombre dans une dépression nerveuse.

Celine choisira pour lui une fin digne d’une tragédie grecque mais il semble que la réalité soit plus sombre encore. Semmelweis mourra d’une infection microbienne à la suite des mauvais traitements subis dans l’hôpital psychiatrique où il fut interné.

Des milliers de femmes continueront à mourir  parce que certains professeurs ne voulaient pas entendre la leçon de science donnée par un personnage impétueux jugé insolent. Aujourd’hui on considère  Semmelweis comme le père de l’antisepsie et de l’hygiène, un des premiers à lutter contre les infections nosocomiales.

Pourquoi j’ai aimé lire la thèse de Louis Ferdinand Destouches ?

Parce qu’elle montre comment il faut  procéder en science : hypothèses, expériences, conclusions.

Parce qu’elle est considérée comme la première œuvre de Céline. L’intérêt de L.F.Destouches pour le destin tragique du professeur Semmelweis nourrit et démontre en même temps la misanthropie de Céline.

Parce qu’elle dénonce les conditions des femmes enceintes, qu’était ce que la vie d’une femme face à la réputation d’un éminent professeur ?

Parce qu’elle est un formidable exemple de lutte contre la fatalité.

Parce quelle nous montre que nous avons beau avoir raison, cela ne suffit pas toujours et que, malheureusement, il faut aussi avoir le talent de composer avec les cons.

Parce que c’est bien écrit, que l’histoire nous prend aux tripes.

Parce que pour le prix d’une pinte (6,65 euros) franchement ça vaut le coup.

Pour aller plus vite plus lion loin  plus fort:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Fi%C3%A8vre_puerp%C3%A9rale

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ignace_Philippe_Semmelweis

L’art de choisir sa maîtresse

et autres conseils indispensables.
9782253089230-T

« L’art de choisir sa maîtresse »

Rien à voir avec une réforme du recrutement des institutrices dans l’éducation nationale. ( Oui votre marmaille devra encore se coltiner Melle Anna Lebasson aka mademoiselle  Anna phtaline).

Non, « L’art de choisir sa maîtresse » est un recueil de chroniques écrites par LE Benjamin Franklin.

Ou plutôt LES Benjamin Franklin, car dans un seul individu cohabite l’inventeur du paratonnerre, celui de l’harmonica en verre, un des pères fondateurs de la constitution américaine, le journaliste américain coqueluche des parisiens, un imprimeur célèbre et l’inventeur de la typographie qui aujourd’hui encore porte son nom.

Alors, quand sont éditées les chroniques qu’ils écrivaient sous des pseudos farfelus tels que « Anthony Afterwit » (le sage tardif), « Alice Addertongue » (langue de vipère), cela fait au moins 6 bonnes raisons de les lire. Mais pas que.

Ecrits faussement mondains mais véritables critiques des moeurs de l’époque, B.Franklin utilise des pseudos et crée de faux personnages, de faux courriers dans un vrai journal pour mettre en lumière, dénoncer certaines absurdités, provoquer en toute ironie et liberté. Il passe ainsi de la farce mutine « l’art de choisir sa maîtresse » à la défense des mères célibataires dans « discours de Polly Baker, mère de cinq bâtards », ce qui , au 18 ème siècle, n’était pas si commun.

Il aborde des notions scientifiques (« un cuisinier fantasque ») parfois poussées jusqu’à l’absurde avec l’invention du cadran solaire détonnant.

Facile à lire, court, ce petit bouquin réussit à démontrer que l’humour peut traverser 3 siècles et rester efficace tout en nous interrogeant: une mère de 5 « bâtards » aurait-elle vraiment la vie plus facile aujourd’hui ?

Enfin si tout ça ne vous donne pas envie de le lire, sachez que vous pouvez toujours l’offrir à votre ami (sans e à la fin) dont vous ne pouvez souffrir la compagne (la ronchon jalouse et pas drôle, celle qui vous parle pendant trois heures de sa nouvelle manucure panthère et qui menace de vous planter ses griffes dans les yeux dès que vous faites partie du genre féminin, que vous faites moins de 105 kilos et que vous avez moins de barbe que père castor ).

Vous verrez ça met toujours l’ambiance dans un couple, (« mais pourquoi elle t’offre ça à toi?  » « ta pote, là, elle est célibataire? », « je suis cocue c’est ça, hein et tous tes potes le savent, hein???!!! » « c’est parce que t’aimes pas mes nouveaux seins? ») et au moins cette fois-ci il se passera des trucs à cet anniversaire. AMBIANCE GARANTIE.

billie

prix de vente: 5,10 euros

http://www.livredepoche.com/lart-de-choisir-sa-maitresse-benjamin-franklin-9782253089230

Fables scientifiques

Darryl Cunningham

Titre original : scientific tales

Publié aux éditions Edition ça et là , il est décrit selon les termes suivants « Fables Scientifiques est une bande dessinée documentaire dans laquelle Darry Cunningham déconstruit minutieusement certains des mythes qui entourent la science. Il questionne dans le détail ces théories et se penche sur les controverses entourant la changement climatique, l’atterrissage sur la lune, le vaccin ROR (Rougeole, oreillons et rubéole), l’homéopathie, la théorie de l’évolution, la chiropractie et plus largement toute forme de négationnisme de la science, le dénialisme scientifique ».
Véritable réquisitoire contre le charlatanisme moderne, cette BD apporte une  bonne bouffée d’esprit critique et des armes pour lutter contre l’obscurantisme. Pour le prix de trois pintes et un demi, franchement ça vaut le coup.

un extrait de « fables scientifiques » en cliquant ici:

extraitFableBD:D.Cunningham

Prix de vente : 18 euros

Pour en savoir plus :

Le site des éditions ça et là : http://www.caetla.fr/spip.php?article79

Le blog de darryl cunningham: http://darryl-cunningham.blogspot.fr/

Une réponse à “Livres et BD

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