« La théorie des races dans l’éducation ou voyage au pays de l’imposture scientifique »

Ma plus grande peur, enfin ma deuxième plus grande peur, parce qu’AVANT TOUT vient l’angoisse irrationnelle de me faire caresser les genoux par un grand requin blanc…

requin noir et blanc

Donc, ma deuxième plus grande peur, disais-je, c’est de servir une idéologie, raciste, sexiste ou capitaliste, au glaive de ma science.

Cette phrase ne veut pas dire grand chose j’en ai bien conscience.

Autrement dit, je me demande, avec angoisse, et non sans raison, je le crains, comment les générations futures jugeront mes enseignements dans les décennies ou les siècles à venir. Je le vois d’ici, je sais même par quel côté, le marron me serait jeté.

Ca commencerait avec un « bououououh » lancé depuis 2065 et qui arriverait dans ma classe lorsque je suis censée expliquer « l’Histoire de la lignée Humaine » ou bien encore lorsque par inadvertance j’aurais dit à mes élèves « lisez, manants, le document 4 page 173 du bordas ».

Le doc 4 p173 , je vous le montre, mais après ça on sera intime parce qu’on partagera peut être les mêmes angoisses.

doc 4« les hommes homosexuels efféminés » que «  l’on remarque » apprécieront j’en suis sûre.  Ceux ou celles qui essayeront de déterminer quels sont les critères qui font « le sentiment féminin », merci et bon courage.                                                                        Quant à la lignée humaine, dès que je vois les mots: hominoides, hominines,homonioïdés, hominidés ou tout autre hominines, je panique presque aussi fort que lorsque je suis censée justifier l’apparition de l’Holocène dans l’échelle des temps géologiques.                                                                                                              L’holocène: Période (les 10 000 dernières années ) crée dans l’échelle des temps géologiques presque uniquement dans le but de dire « HOMO SAPIENS was here » (alors que toutes les autres périodes font en général plusieurs petits millions d’années).

Un peu comme si tu étais convaincu que pisser dans la neige laisserait une trace indélébile de ton passage sur Terre à travers les âges, c’est prétentieux, non? (que cela ne nous empeche d’uriner dans la neige, hein).                                                                       Bref tout ce qui touche à l’Homme avec un trop grand H (non je parle pas de toi, petite cochonne, quand je dis « ce qui touche à l’Homme » c’est une image, voyons bernadette, enlève ta main de cette braguette)= très grosse opportunité de dire des choses qui te rendront infréquentables dans 68 ans (je veux dire en dehors du fait que tu te feras un malin plaisir à parfumer ton décolleté voire, même ton pantalon, à la soupe Liebig juste pour embêter tes infirmières).                                                                  Alors quand un ami me pointe sous le nez un terrifiant exemple de ce que les professeurs peuvent professer au nom de la science (pro fesser, j’adore ce mot toute l’histoire de la pédagogie à la française tient dans ce verbe, so dirty, je suis une PRO fesseur, ahahha..humhum..bon pardon.) je ne peux que vous faire partager cette histoire intitulée :

« La théorie des races dans l’éducation ou voyage au pays de l’imposture scientifique »

Au détour d’un panier un vélo, lui même contenu dans une poubelle, elle même remarquée par un ami, je suis tombée sur tous les exemplaires de TOUT l’Univers.

Encyclopédie destiné aux enfants, publié par Hachette, voilà ce que vous pouviez voir en couverture de ce numéro N°54, du 31 octobre au 7 novembre 1962 mettant à l’honneur la lettre E dans ce spécial ETHNOLOGIE :

tout l'univers083

En légende : « De haut en bas : individu de race blanche, individu de race jaune, individu de race noire ».

Là déjà on souffre parce qu’on a du mal à croire que la hiérarchie des illustrations ne servent pas de support à une soi disante hiérarchie des races.

Qu’est ce qu’une race? Est il possible de définir des critères raciaux?

Rendez vous page 1 :

tout l'univers 2085

Selon Tout l’univers, une race se définit comme

un ensemble d’individus possédant les mêmes caractères somatiques transmis par hérédité

Capture d’écran 2013-09-09 à 22.52.46En gros, une race serait un groupe de personnes qui diffère d’un autre par des traits typiques. Pourquoi pas ? Mais existe-t-il de tels caractères ?

Autrement dit existe-t-il des caractéristiques biologiques qui permettent de distinguer réellement des groupes d’individus appartenant à une même espèce ?

Selon Tout l’univers, oui, de tels caractères existent et sont au nombre de 4.                        Il s’agirait de la chevelure, de la conformation du crâne, du profil de visage et de la couleur de la peau.                                                                                                                Pourquoi ces caractères ont ils été choisis ?

Pourquoi la couleur de la peau et pas la distance entre les sourcils ? Ou la capacité à tourner sa langue dans sa bouche ?                                                                                         Sur les choix de ces critères, nulle justification, l’arbitraire règne. D’ailleurs, l’embarras se fait sentir dès qu’il s’agit de justifier une division de l’espèce humaine selon la couleur de la peau, car comme le fait remarquer, Tout l’Univers ( rédacteur en chef, H.De Roujoux) la couleur de peau dépend de la concentration de pigment contenue dans les cellules, ce caractère est continu, toutes les gammes de couleur sont représentées. Cet argument ne peut donc pas servir à distinguer clairement des groupes d’individus. Car comment marquer la frontière entre le blanc et le noir quand toutes les nuances de couleurs existent ? …

Capture d’écran 2013-09-09 à 22.53.00Ce qui n’empêche pas pour autant le rédacteur de poursuivre en parlant du groupe blanc, du groupe jaune et du groupe noir…                                                                                Le deuxième caractère serait le profil du visage. Ainsi le groupe Blanc et  le groupe jaune seraient définis par une face bien droite dite « orthognathe » alors que le groupe noir aurait une face avec la mâchoire projetée en avant dite prognathe.

Capture d’écran 2013-09-10 à 00.40.37

Cette affirmation en plus d’être totalement fantaisiste, a pour but de rapprocher le groupe noir  de lignées de primates disparues, ou de nos cousins actuels les chimpanzés, qui possédent une face prognathe, tandis que le groupe blanc et le groupe jaune avec leur face orthognathe en serait plus éloigné, sous entendu « plus évolué ».

Le troisième caractère concernerait la conformation du crâne. Ces résultats font référence (non citée, ce serait trop facile)  à des études crâniométriques initiées dans les années 1840 par Samuel George Morton. Morton aboutissait à la conclusion que le groupe blanc avait un fort indice crânien (brachycéphale) , le groupe jaune un indice crânien moyen (mésocéphale) et le groupe noir, un indice crânien bas (dolicocéphale). Capture d’écran 2013-09-10 à 00.40.53

Dire que les études de Morton furent menées avec légèreté, ce serait comme affirmer que non, se faire arracher les tétons avec un sécateur rouillé ce n’est pas comme cela que vous imaginiez votre séance de relaxation.                                                                         En effet, Les mesures crâniennes furent imprécises, les échantillons n’étaient pas représentatifs des populations, les individus blancs ayant un indice crânien trop petit étaient volontairement mis de coté, Morton ne tenant d’ailleurs aucun compte d’une éventuelle corrélation entre la taille de l’individu et celle du crâne. D’ailleurs sans aucune justification, Morton déclara qu’un petit crâne entrainait une faible capacité intellectuelle et un grand crâne de forte capacité intellectuelles.

une illustration de l'encyclopédie  hebdomadaire Tout l'Univers (1961)
une illustration de l’encyclopédie hebdomadaire Tout l’Univers (1961)

Il y a fort à parier que si Morton ressuscitait pour apprendre que l’homme de Neandertal possédait probablement un plus fort indice crânien que l’homo sapiens, le choc de cette nouvelle le ferait mourir une seconde fois..

Cependant l’idée fut assez séduisante pour convaincre d’autres scientifiques de reprendre ces études.                                                                                                                   Ainsi, Paul Pierre Broca célèbre médecin, anatomiste et anthropologue français, qui fut principalement connu pour ses études sur le cerveau (l’aire cérébrale responsable du langage porte d’ailleurs son  nom), entrepris de refaire des mesures crâniennes dans l’espoir de mettre en évidence un caractère physique permettant de justifier l’existence de race.                                                                                                               Cependant, Broca arriva à un résultat « dérangeant », il semblerait que ce soit le groupe jaune qui présenterait  un crâne brachycéphale devant le groupe blanc qui lui même possèderait un plus gros indice crânien que le groupe noir (faut pas déconner quand même).

Capture d’écran 2013-09-10 à 00.40.28Vous remarquerez que malgré tout c’est l’homme blanc qui est placé en haut de l’illustration dans le description des groupes d’individus par le rédacteur de TOUT L’univers et que l’homme jaune même si on lui reconnaît un soi disant plus gros indice crânien, doit se contenter de la deuxième place..                                                                 Broca tirera de ses résultats, la curieuse conclusion suivante  un grand cerveau ne signifie rien du tout, un petit cerveau prouve en revanche une infériorité intellectuelle .

Décrit comme sympathiqueextrêmement brillant, Broca déclarera aussi que

la petitesse relative du cerveau de la femme [dépendait] à la fois de son infériorité physique et de son infériorité intellectuelle

Résultat ? Sénateur à vie et membre de l’académie de médecine…

En vérité, devant un crâne humain aucun scientifique n’est capable d’identifier avec certitude le groupe ou une soi disant race à laquelle le porteur de ce crâne aurait du appartenir.

Le dernier critère, mon préféré sur l’échelle de l’absurdité, c’est celui de la chevelure : cheveux « laineux » ou lisses, de section ovale ou ronde. Etant moi même un parfait contre exemple (mi auvergnate mi berrichonne, j’ai pourtant les cheveux plus laineux qu’une brebis des alpes avant la transhumance du printemps) je dis  donc AHAHAHHAHA.                                                                                                                             Avec des critères aussi fragiles, impossible d’établir donc une division de l’espèce humaine, cela n’a pas empêché Tout l’Univers de publier ceci:

tout l'univers 2084La faiblesse des arguments est visible dans la difficulté à classer les individus selon leurs caractères, ainsi tout l’univers est dans l’embarras pour classer la « race khoisan », peu importe, elle appartiendra à la fois au groupe jaune et au groupe noir, ou encore la « race polynésienne » qui classée dans le groupe blanc, peut appartenir au groupe jaune. Par contre aucune « race » ne semble être commune à la fois au groupe blanc et au groupe noir..

Pas un seul moment, tout l’univers n’explique que ni la couleur de peau, ni la chevelure ni les données crâniométriques, ne permettent de mettre en évidence une différence entre des populations humaines.

Aujourd’hui, la génétique a même démontré qu’il existait une plus grande variation au sein d’un même groupe géographique plutôt qu’entre deux groupes.

Il n’y a donc aucun critère biologique qui permettent de justifier la notion de race. Les races humaines n’existent pas biologiquement.

 Vu depuis 2013, ces scientifiques racistes  passent pour des Buffon (ahaha, Buffon, soi dit en passant gros raciste devant l’Histoire) mais il est facile de juger depuis notre époque. Qu’aurions nous fait, nous scientifiques, si nous devions évoluer dans un monde ou tous les pontes, tous les grands pensent que

 aucun homme doué de raison, instruits des faits, ne croit que le Noir moyen est l’égal de l’homme blanc moyen

(T.H.Huxley)

Comment serons-nous jugé par nos pairs devant l’Histoire ?

Si Broca a vécu à la fin du 19eme siècle, Tout l’Univers fut édité en 1961.                               16 ans après la seconde guerre mondiale où les théories de Broca mais aussi de tant d’autres  (Blumenbach, Galton, Agassiz, mais aussi les plus célèbres racistes du 19eme et 20eme siècle: Joseph de Gobineau et Houston Stewart Chamberlain) inspirèrent l’idéologie nazie.                                                                                                                      Reprendre ces théories 100 ans plus tard, sans les vérifier, les présenter comme des faits prouvés scientifiquement pour éduquer les enfants, alors que l’on sort d’une période où cette idéologie était une arme, ce n’est plus une erreur, c’est un crime.

Aujourd’hui encore, de nombreux scientifiques de renom, plusieurs prix Nobels, ont apporté leur pierre à l’édifice du racisme, du sexisme ou de l’eugénisme (le dernier en date et le plus célèbre fut certainement Watson, dont les propos méritent un article à lui tout seul) utilisant le mot science pour couvrir un procédé qui ne se rapproche en rien à la démarche scientifique.                                                                                                             En cela, il sont doublement criminels, par leurs propos d’abord, mais aussi pour avoir affaiblir la démarche scientifique qui a besoin de toutes ses forces pour lutter contre les obscurantistes de tous bords. (coucou les créationnistes  : ) )

Mais sommes nous meilleurs aujourd’hui en France ?

C’est seulement le 16 mai 2013 qu’a été déposé à l’assemblée nationale une proposition de loi visant à retirer le mot race de notre constitution..

Capture d’écran 2013-09-10 à 00.20.31

Billie

Cet article est disponible en podcast ici grâce à Podcast science .Enregistrement avec les voix d’Alan et de Jeanne. Merci à eux deux !

Pour aller plus loin, plus vite , plus fort:

. « petit traité de l’imposture scientifique » (chapitre sur les races) d’Aleksandra Kroh

. La mal-mesure de l’homme (titre original: The Mismeasure of Man) de Stephen Jay Gould

http://fr.wikipedia.org/wiki/Race_humaine#XXe.C2.A0si.C3.A8cle

5 réponses à “« La théorie des races dans l’éducation ou voyage au pays de l’imposture scientifique »

  1. J’ai peur de ne pas du tout partager votre analyse.
    Commencer un billet scientifique avec comme motivation ses angoisses et ses peurs me semble antinomique avec la démarche scientifique : la peur est mauvaise conseillère, en science comme ailleurs (sauf éventuellement face à un requin blanc, en encore tout dépend de la séquence comportementale déclenchée).
    La science n’est pas là pour justifier nos croyances, apaiser nos peurs, elle est là pour nous permettre de mieux comprendre le monde qui nous entoure, qu’importe si cela ne nous fait pas plaisir !
    Se soumettre à nos émotions et nos croyances du moment, quel qu’en soient les origines politiques, ou religieuses… est le meilleur moyen de tordre la science grâce au cherry picking, au biais de confirmation et autres tours que nous joue notre esprit pour ne pas voir ce qu’on n’a surtout pas envie de voir …
    Et votre billet en est l’exemple parfait.
    Discourir sur l’absence de pertinence des catégories raciales en partant d’une sources aussi datées et peu fiables qu’un tout l’univers de 1962 ne nous dit rien de ce que dit la science aujourd’hui sur ces questions sensibles.
    D’un point de vue épistémologique, catégoriser en science, c’est toujours choisir une frontière arbitraire, ou plutôt une frontière pragmatique nous permettant d’appliquer la démarche réductionniste, fructueuse et indémodable: il est possible alors d’identifier des objets, des régularités dans les propriétés de ces objets, de construire des hypothèses et de les réfuter. Bref c’est la base de pratiquement toute démarche scientifique. Et il n’y a qu’à voir les batailles homériques qui se sont déroulées en astronomie ces dernières années autour de la révision de la définition des planètes pour comprendre qu’il n’y a pas, même dans les sciences « dures », de catégories qu’on ne puissent pas interroger et remettre en cause, car elles ne sont pas absolues.
    Il n’y a peut-être qu’en mécanique quantique que les limites des objets étudiés sont fixées par la nature et non par nos hypothèses.
    Voilà. Je ne vais pas refaire votre billet avec les arguments contraire qui auraient dû y figurer, en particulier sur la possibilité d’identifier des ethnies avec le SNP, les mutations qui n’affectent que certaines ethnies et qui leur donnent des avantages dans l’environnement spécifique qui est le leur (altitude, température…), les différences physiques et cognitives moyennes qu’on observe entre différentes ethnies… La confusion est que cela ne nous dit rien de ce qui est bon ou mauvais, rien sur ce que doit être le statut des individus : la science n’est pas prescriptive, c’est à la communauté des hommes de faire des choix ensuite, éclairés par la science.
    La meilleure compréhension que j’ai pour l’instant de ce qu’est une race m’est venue après la lecture du dernier numéro de la recherche (n°480) qui traite de la question sous forme de flux de gènes : une espèce est un groupe d’individu à l’intérieur duquel la reproduction permet un flux de gènes maximal. Quand il n’y a pas de flux de gènes entre deux groupes, on parle de deux espèces. Et quand le flux de gènes est intermédiaire entre deux groupes d’individus, on peut parler de race, qui devient alors une catégorie pertinente permettant de tester et réfuter des hypothèses.

    • Bonjour guillaume merci de votre commentaire, j’aimerais pouvoir discuter sur certains points de votre critique
      « J’ai peur de ne pas du tout partager votre analyse.
      Commencer un billet scientifique avec comme motivation ses angoisses et ses peurs me semble antinomique avec la démarche scientifique (..) Discourir sur l’absence de pertinence des catégories raciales en partant d’une sources aussi datées et peu fiables qu’un tout l’univers de 1962 ne nous dit rien de ce que dit la science aujourd’hui sur ces questions sensibles»

      Mon billet ici n’a pas pour but de détailler de façon exhaustive les différents arguments en faveur ou en défaveur de l’utilisation de la race. Non, mon billet vise à démontrer à travers le prisme d’un article qui lui aussi, à son époque, se voulait scientifique, que les critères utilisés alors n’étaient pas du tout pertinents. Je voulais reprendre les caractères utilisés dans cette classification et expliquer point par point, calmement et objectivement (du moins au mieux que ma nature me le permette) pourquoi ces arguments ne tenaient pas la route et auraient pu facilement être démontré même à l’époque..

      D’ailleurs vous remarquerez que mon article ne s’intitule pas « les races » mais « les races dans l’éducation nationale voyage au pays de l’imposture scientifique». C’est donc aussi un billet d’histoire des sciences et des pensées qui me semblaient être un bon exemple pour apprendre l’humilité et nous enseigner que nous ne sommes pas à l’abri d’enseigner des bêtises.

      « D’un point de vue épistémologique, catégoriser en science, c’est toujours choisir une frontière arbitraire(…)’il n’y a pas, même dans les sciences « dures », de catégories qu’on ne puissent pas interroger et remettre en cause, car elles ne sont pas absolues. »
      Je suis tout à fait d’accord avec votre analyse à ce sujet, il n’y a qu’à voir la difficulté de définir des notions pourtant essentielles en biologie telles que la vie ou l’espèce. Mais les sciences sont aussi le produit d’une société et l’usage de mots tels que celui de race à largement dépassé l’utilisation scientifique. Ce mot, discutable scientifiquement a été connoté très négativement par l’histoire.

      « Je ne vais pas refaire votre billet avec les arguments contraire qui auraient dû y figurer, en particulier sur la possibilité d’identifier des ethnies avec le SNP, les mutations qui n’affectent que certaines ethnies et qui leur donnent des avantages dans l’environnement spécifique qui est le leur (altitude, température…), les différences physiques et cognitives moyennes qu’on observe entre différentes ethnies »
      Je n’ai jamais nié dans mon article, qu’il existait des différences entre les individus. Mais la plupart des études montraient les différences entre les populations ont été faites sur des individus dont leurs 4 grands parents sont originaires du même endroit. Est ce vraiment la réalité du monde dans lequel nous vivons ?
      De plus, en ce qui concerne l’étude des snp ou autres, lorsque j’écris qu’il a été montré que l’on pouvait trouver davantage de diversité au sein d’une population plutot qu’entre elles, je fais référence à cette étude (http://www.sciencemag.org/content/298/5602/2381) de rosenberg qui étudie les microsatellites.
      Je pense donc vraiment qu’il existe des différences entre des groupes d’individus, groupe que l’on appellera population ou ethnies. Je pense qu’à partir de la génétique, nous pouvons avoir une bonne PRESOMPTION de l’origine d’un individu mais certainement pas de certitude.
      Dès lors, à mon sens il n’est nul besoin ici de recourir à un terme comme celui de race, encore discuté scientifiquement et très critiquable au regard de notre histoire.
      La lecture des différentes critiques me fait néanmoins comprendre que le sujet, en plus de l’étude d’un article, d’un point de vue histoire des sciences comme je l’ai fait ici, mériterait un plus ample développement.

  2. Merci pour votre réponse.
    Deux petites précisions d’abord :
    – J’ai lu votre billet et répondu un peu rapidement, cause de départ en WK… résultat je me suis rendu compte quelques heures après que j’avais été trop rapide dans ma lecture trop en diagonale ! Pour ne garder que ce qui a activé mes amygdales (je n’ai pas dit que j’avais eu les boules 😉 et sans prendre le temps de faire fonctionner suffisamment mon cortex frontal ;
    – Je n’avais pas pris le temps de lire le reste de vos billets : bravo pour la qualité de votre travail ! C’est bien fait, rigoureux et traité avec beaucoup sensibilité et d’humour.
    Après relecture je continue néanmoins à ne pas aimer le point de vue exposé dans ce billet.
    Certes « tout l’univers » a continué de propager des théories basées sur des travaux scientifiquement peu défendables et Gould l’explique bien dans son livre « la mal-mesure de l’Homme » (tout en sachant que les Etats-Unis continuent d’utiliser ces distinctions raciales au quotidien).
    Je crois que ce qui me gêne le plus c’est le mélange d’arguments à forte connotation émotionnelle (les crimes nazi, l’eugénisme…) pour justifier un point de vue personnel sur l’existence ou pas des races chez l’humain. La question est loin d’être scientifiquement tranchée et utiliser ce genre d’arguments assèche tout débat (il n’y a plus qu’à compter les points Godwin).
    Quant à criminaliser ce type de publication, cela me semble un peu excessif. Je pense que la stérilisation des malades mentaux sans leur accord chez les suédois jusque dans les années 1970 me semble sans commune mesure avec des publications reprenant l’idéologie colonialiste des années 1950, encore largement répandue dans le monde occidental. Attention aux relectures à postériori des comportements et des faits d’un autre temps et aux jugements hâtifs avec nos œillères du moment.
    J’aime beaucoup Gould. Mais sur la question des espèces et de la pertinence d’identifier des sous-groupes au sein d’une espèce, je trouve Dawkins beaucoup plus convaincant, en particulier dans son livre « Il était une fois nos ancêtres », même s’il ne traite pas directement de cette question chez l’humain.

    • bonjour et merci de cet échange. Il est vrai que l’on peut me reprocher l’emploi du mot criminel, je l’utilisais ici non pas au sens de meurtrier mais plutôt dans le sens de faute grave moralement condamnable. bien sur l’histoire des sciences est en remplie, vous en citez d’ailleurs un exemple qui en plus d’être criminel est véritablement meurtrier. Par ailleurs, s’il est vrai que l’on atteint le point godwin très rapidement dans les commentaires de tous genres, je trouve qu’il est difficile de me reprocher d’atteindre le point godwin dans une explication de la théorie des races qui a effectivement donné lieu aux dérives eugénistes, c’est serait comme le reprocher à des historiens de la seconde guerre mondiale. j’utilise des oeuvres qui sont déjà datées volontairement parce que je me méfie plus que tout des réactions faites « à chaud » des articles scientifiques récents. Je pense que le temps nous permet d’avoir plus de recul sur des sujets aussi sensibles, mais loin d’être chronocentriste, je sais que nous serons aussi jugés sévèrement par la suite, c’est comme cela que l’on progresse en toute humilité.En ce qui concerne le mot race le coeur du probleme à mon sens c’est que le mot race est aussi un mot chargé d’histoire, défini à l’époque de façon très critiquable et c’est cette définition qui est resté dans ce sens commun. Comment maintenir dans la langue un même mot, défini pourtant selon des critères nouveaux (génétiques contre critère de chevelure de couleur ou de craniométrie et de QI) et dans sa définition aux limites plus floues que celles connues par la société? pourquoi ne pas préférer un mot comme population pour se décharger de tout cet historique? Je n’ai pas lu il était une fois nos ancetres, je vais suivre vos conseils et en prendre connaissance, merci pour l’info 🙂

  3. Pingback: Podcast Science 175 – Le Dallas de la génétique·

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